27 décembre 2007

NIGER : Le championnat national annulé !

Prévue du 23 au 27 décembre 2007 à Zinder, la 15è édition du championnat national Seniors (Dames et Messieurs) de basket-ball a été annulé par le bureau fédéral de la fédération nigérienne de basket-ball (Fénibasket). L’annonce qui a fait l’effet d’une bombe chez les pratiquants, dirigeants, techniciens et passionnés de la balle au panier, a été faite, le week-end dernier, par le secrétaire général de cette instance. Dans une interview exclusive au «Républicain», le Lieutenant des douanes Saley Amadou Djingarey évoque les vraies raisons de cette annulation. Manque de moyens financiers et logistiques, démission de l’Etat, confusion dans le choix des représentants de certaines régions…, la Fénibasket boucle l’année 2007 dans la douleur et le désespoir.

Le Républicain : La Fénibasket a an-nulé à la dernière minute la 15è édition du championnat national alors que pratiquement la ville de Zinder était prête à l’accueillir. Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

Saley Amadou Djingarey : Cette dé-cision a été prise depuis le mercredi 19 décembre dernier par le bureau fédéral. Malheureusement, cette annulation est due à un certain nombre de constats. D’abord sur la qualification des équipes régionales. Aucune ligue ne nous a fait parvenir la liste des clubs qui doivent les représenter jusqu’à la date butoir fixée au 10 décembre dernier. En outre, les ligues de Niamey et Maradi nous ont com-muniqué leurs listes après le 10 décem-bre. Mais je vous assure que ces listes de Niamey et Maradi ont fait l’objet de nombreuses contestations (NDLR : les titres de champions des clubs suivants contestés : Pour Niamey, en Dames AS BIA et AS Buropa et en Messieurs ASAF et AS Buropa, et pour Maradi l’AS Garkwa et AS OLGA en Dames et Messieurs) puisqu’il n’y a pas eu d’éliminatoires dans ces régions. Conformément à l’article 9 de nos nouveaux textes, nous avons éla-boré un chronogramme de régularisation des clubs. Le constat, c’est que la plupart des clubs pressentis pour être à Zinder pour le championnat national ne sont pas en règle par rapport à nos dispositions. Nous ne pouvons donc pas aligner des clubs que nous jugeons irrégu-liers et non conformes.

En outre, la plupart des régions nous ont fait comprendre qu’elles ne disposent d’aucun moyen de transport pour effectuer le déplacement sur Zinder. Il ne sert à rien d’organiser un tel événe-ment avec trois ou quatre régions.

En clair, il y a une sorte d’imprépara-tion. Mais l’Etat peut vous venir en aide du point de vue de la logistique et des finances. Le ministère des Sports fait-il la sourde oreille face à vos difficultés ?

Effectivement, il n’y a pas de subvention provenant du ministère. C’est pourquoi, dès octobre dernier, nous avons approché une société de la place qui nous a fait une promesse ferme, sentant que l’appui du ministère est incertain. Malheureusement, au dernier moment, la société en question nous a fait comprendre qu’elle n’est pas en mesure de nous accompagner. Elle nous a fait croire que c’est la fin de l’année, et il est difficile qu’elle honore ses engagements. C’est donc tous ces facteurs qui sont à l’origine de ce blocage.

La Fénibasket a mobilisé des moyens dont je tairais le montant, qui ne nous a pas permis de couvrir nos dépenses.

Il semble que le budget dont vous taisez le montant s’élève à près de trois millions FCFA ?

Le budget que nous a envoyé la ligue de Zinder tourne autour de 3.495.000FCFA. Ce n’est donc pas le budget global de la compétition puisqu’il y a d’autres rubriques qui ne sont pas directement gérées par le comité régional de Zinder. La Fédération a élaboré un budget de six millions FCFA que nous n’avons pas pu mobiliser malheureusement. Même les 3.495.000 FCFA que Zinder a demandé n’ont pas été rassemblés. Donc, nous n’allons pas prendre le risque d’organiser ce championnat pour ensuite regretter. Nous avons vu plusieurs Fédérations sportives nationales se lancer dans cette aventure suicidaire et qui, au finish, se retrouvent dans des problè-mes. A la Fénibasket, nous avons des méthodes ; s’il y a des difficultés, il faut arrêter le train.

Propos recueillis par Ousmane Keïta