23 novembre 2007

REUNION : Planté, la gâchette du Chaudron

“Dans n’importe quelle position, c’était panier marqué. Il nous a tués.” Mercredi, Jimmy Grondin ne s’était toujours pas remis du festival offensif de Fabrice Planté, auteur de 50 des 94 points chaudronnais vendredi dernier à Saint-Louis. L’entraîneur-joueur saint-louisien a cru un temps son équipe capable de s’offrir le scalp du leader invaincu (10 victoires), mais Planté a eu le dernier mot dans le money-time (78-94). “J’étais chaud, les gars ont décidé de faire les systèmes pour moi”, raconte le capitaine chaudronnais, qui en l’absence des “grands” (Payet et Saïbo) et après la blessure de Jean-Jacques, a pris le jeu à son compte. “Je voyais le panier assez gros. En deuxième mi-temps, je n’ai pas loupé un shoot. Sur la fin, ils ont fait “boîte” sur moi, mais j’étais sur une autre planète”, rigole Planté. “Il a fait un match exceptionnel, c’était du 100%”, témoigne “Jésus” Saïbo, qui a assisté au récital de son pote depuis le banc de touche. L’intérieur du CBC souligne aussi “le gros travail de l’équipe pour démarquer” son shooteur. S’il avait été fétichiste, Planté aurait pu encadrer cette feuille de match. D’autant qu’il y apparaît un peu partout, même au rayon... faute technique. “À cause de ses petits trucs un peu provocateur qu’il a toujours eu”, précise Grondin, qui connaît la raison exacte de la la sanction, pour avoir endossé le rôle de la “victime” sur ce coup-là. “C’était envers moi, je défendais sur lui. Quand il a marqué, il m’a provoqué. C’était pas méchant.” Qu’a dit Planté ? “Sur ta tête !”, rigole le “coupable”. “Il venait de me shooter sur la tête avant, j’ai répondu et l’arbitre m’a entendu.”

Retour aux sources

L’anecdote rappelle de bons souvenirs à Alexandre Dubard. Des souvenirs de l’époque où Planté et lui se livraient des duels épiques lors du choc du début des années 90 BCD - le Port. “C’était “tu marques, je marque”, “tu me contres, je te contre”. On se chambrait tout le temps. Fabrice pouvait tourner à 30 points de moyenne par match”, se souvient l’arrière de Saint-Pierre. Il y a quinze jours, Dubard était dans les gradins du terrain du Mail, pour assister au carton (101-77) du Chaudron face au Tampon. Ce jour-là, comme souvent cette saison, Planté a franchi la barre des 20 points. “Il a encore de beaux restes !”, lâche Dubard. “En “une” (R1), ce sera autre chose, mais il a sa place. Il peut encore mettre 30 points par match.” À 36 ans, Fabrice Planté n’a rien perdu de son adresse, celle-là même qui a permis aux Portois de Victor Carlot de terminer deux fois vice-champions de la Réunion (1991 et 1992). Le Dionysien est un pur shooteur, dans son jardin à 4-5 mètres du cercle. “C’est depuis 1990-91. Je m’entraînais tout seul pendant des heures. Dans l’équipe, Fabrice Iva (ex-meneur du CSP) était le spécialiste du 3 points, moi du 2 points et de la pénétration.” “C’était le plus jeune de l’équipe quand on est monté en excellence, il avait un talent offensif énorme”, se souvient Carlot, qui entretenait avec son protégé une relation particulière. “C’était comme si c’était mon enfant, ou mon frère.” Il y a un mois, les deux hommes se sont retrouvés. Carlot sur le banc du Port, Planté sous le maillot chaudronnais. “On a plaisanté, ça m’a fait plaisir de le revoir sur un terrain. J’avais été étonné qu’il arrête, car la balle orange fait partie de sa vie.” Après une longue coupure où il a pu soigner son physique sur son VTT et faire un break avec le basket, Planté a retrouvé les parquets la saison dernière, acceptant le challenge proposé par Cyrille Tiber, plus de dix ans après son passage chez les Bulls du Chaudron. Comme une deuxième jeunesse pour lui. “Revenir dans le quartier, ça m’a redonné goût au jeu, à me défoncer pour les autres et pour le club.” Si tout va bien, il retrouvera la R1 la saison prochaine. Et un autre “ancien”, Alexandre Dubard. “Moi, je serai aux Aiglons !”, lance Dubard. Ça promet de beaux derbys !

François-Xavier Rougeot